GRISPOILS
Un Amour plus fort que tout !
ANNIVERSAIRE : 7/02/1995
ARRIVE(E) AU REFUGE LE : 5/02/2005
SHIRE HONGRE
DECEDE(E) LE 15/03/2006
Grâce à la famille SOETAERT, qui pleine d’amour et de compréhension pour les chevaux de trait, souhaitait que nous sauvions un nouveau cheval de l’abattoir : nous avons secouru GRISPOILS, un magnifique shire de 10 ans en le rachetant à un marchand de chevaux fournisseurs pour bouchers chevalins.
Hélas, la démarche pincée , les pieds déformés et les lèvres remuantes de Grispoils ne pouvaient occulter qu’il était gravement accablé d’une fourbure sévère et douloureuse avec basculement de la troisième phalange et perforation de la sole.
Etant donné que ce gentil cheval imprimait une boiterie aiguës de l’antérieur gauche et qu’il souffrait , l’animal avait de la peine à se mouvoir, notre maréchal ferrant a réalisé une ferrure spéciale (deux heures de réalisation) en bois afin d’aider notre protégé à mieux se déplacer. De son côté, notre vétérinaire prodigua les soins les plus compétents pour juguler son mal .
Hélas , contrairement à nos espoirs, après quelques jours de soins : l’état de Grispoils se détériora. Un oedème généralisé gonflait le bas du corps du cheval et une forte diarrhée l’affaiblissait beaucoup. Pour combattre celle-ci ainsi que l’oedème , on s’empressa de donner de nouveaux soins à notre «Poipoil». Mais il semblait au contraire qu’ aucun remède ne lui apportait de soulagement. Malgré l’encadrement médical, les soins constants et toutes nos précautions, l’organisme de Grispoils était très éprouvé. En quelques semaines, ses traits étaient creusés, il maigrissait spectaculairement, n’avait plus d’appétit et était toujours déchiré par de grosses diarrhées... On avait vraiment l’impression que son corps ne se défendait plus contre la mort... Des analyses poussées du sang et du crottin de Grispoils ne relevaient rien de particulier.
Ne voulant pas déclarer forfait face à cette injustice de la vie, nous avons conduit notre cheval à la Clinique des Grandes Plaines (un complexe de médecine vétérinaire équine de pointe) près de Cerfontaine où là de nouvelles investigations médicales plus fouillées ont été opérées. (Gastroscopie, colonoscopie, biopsies d’estomac et de l’intestin, radiographie etc..). Mais là encore une fois, mis à part son basculement de phalange, rien de tangible et de nouveau n’a été identifié. Les médecins vétérinaires nous susurraient avec réserve et circonspection que Grispoils devait fort probablement être atteint d’un cancer qui leur était impossible sauf chirurgie de déceler. Or on n’ouvre pas un cheval qui physiquement est déjà tant diminué pour diagnostiquer précisément son mal . Grispoils ne se serait jamais réveillé de l’opération.
Cette lucidité était effrayante pour nous.
Que pouvions-nous faire ? Nous ne pouvions assister sans agir, muets de tristesse et continuer à voir notre adorable cheval décliner de santé de jour en jour.
Grispoils exténué par ses diarrhées nous couvait de ses tendres yeux et les larmes nous coulaient des paupières.
Une permanente s’occupa spécialement de lui avec une ardeur redoublée et un espoir presque insolite de le sauver. Grispoils devenait le centre de toutes ses préoccupations : le soigner 3 fois par jour, l’entourer de ses bras caressants, lui parler chaudement, bercer ce grand malade de 700 kg : elle en avait fait son enfant et s’en était fait son but . Mais hélas malgré ce déploiement généreux d’amour , de dévouement et de bonté, mis à part le moral de Grispoils, nous apercevions toujours la présence persistante de diarrhées chez ce grand cheval. Devant cette situation désespérante devions-nous accepter la condamnation silencieuse et embarrassée des médecins ? La peau de Grispoils était devenue mince, s’étirant sur ses os qui eux devenaient de plus en plus saillants. Lorsqu’il marchait ou restait debout, la pauvre tête de ce cheval demeurait basse comme si notre protégé voulait rejoindre le sol pour dormir à jamais. Nous étions perdus comme dans un brouillard nauséeux... car ayant tout essayé, nous n’avions plus le moindre recours à une thérapie pouvant nous donner espoir de le sortir de là.
Une permanente s’occupa spécialement de lui avec une ardeur redoublée et un espoir presque insolite de le sauver. Grispoils devenait le centre de toutes ses préoccupations : le soigner 3 fois par jour, l’entourer de ses bras caressants, lui parler chaudement, bercer ce grand malade de 700 kg : elle en avait fait son enfant et s’en était fait son but . Mais hélas malgré ce déploiement généreux d’amour , de dévouement et de bonté, mis à part le moral de Grispoils, nous apercevions toujours la présence persistante de diarrhées chez ce grand cheval. Devant cette situation désespérante devions-nous accepter la condamnation silencieuse et embarrassée des médecins ? La peau de Grispoils était devenue mince, s’étirant sur ses os qui eux devenaient de plus en plus saillants. Lorsqu’il marchait ou restait debout, la pauvre tête de ce cheval demeurait basse comme si notre protégé voulait rejoindre le sol pour dormir à jamais. Nous étions perdus comme dans un brouillard nauséeux... car ayant tout essayé, nous n’avions plus le moindre recours à une thérapie pouvant nous donner espoir de le sortir de là.
Ne pouvant accepter, je me souvenais dans le passé, avoir assisté à Animaux en Péril un cas presque identique où Baladin un malchanceux cheval ne répondait plus aux innombrables traitements médicaux à la clinique universitaire de Gand. Je me rappelais qu’en dernière extrémités avant décision d’euthanasie, les médecins avaient abordés un ultime traitement (sans y croire vraiment) comme remède de la dernière chance..
Il s’agissait de saisir des crottins d’un cheval sain, de presser ses crottins et de les laisser macérer dans de l’eau durant une nuit . Ce jus de crottin additionné de charbon de bois était alors ingurgité dans l’estomac du cheval à l’aide d’une sonde par les naseaux. Ce traitement a permis de rétablir avec force et rapidité la flore intestinale du cheval et l’a sauvé.
Nous débattant dans le désespoir, nous n’avions plus la moindre raison de ne pas essayer ce remède spécial et de saisir cette dernière bouée de sauvetage qui se tendait pour Grispoils. J’en discutais avec notre vétérinaire et de commun accord nous décidions d’appliquer le traitement. Tous les espoirs se ranimèrent dans le coeur de l’équipe pour qui Grispoils n’avait jamais cessé d’exister nous étions aux anges..
Les mains compétentes de notre vétérinaire canalisèrent la sonde à travers les naseaux et la gorge de Grispoils et le breuvage lui fut administré.
Ce dernier, pour notre grand enchantement , opéra son miracle... Après quelques jours les diarrhées de Grispoils stoppèrent net, l’évanescence de son oedème pris le pas et notre «Poipoils» allait, beaucoup mieux. Son état de santé s’était considérablement amélioré : notre cheval, la tête bien droite est nettement plus vif et commence légèrement à reprendre du poids .
Nous avons continué à le soigner avec une tendresse réchauffante et Grispoils le visage souriant a perçu avec une acuité étonnante combien il revenait de loin et combien sa présence encore sur terre : il la devait d’abord à la famille Soetaert, ensuite à l’amour immense de tous les membres de l’équipe du refuge.
L’existence pour ce brave cheval s’était emplie désormais de mille lumières, tout lui paraît plus facile, plus joyeux, plus beau.
Les rayons d’amour ont pénétré le coeur de Grispoils et c’est cela qui est merveilleux et bienfaisant car l’amour apporte toujours une force magnifique à celui qui est aimé comme à celui qui aime...
Hélas un matin, une année à peine après son sauvetage nous l’avons trouvé dans son écurie mort le ventre gonflé : il aura vraisemblablement fait une colique durant la nuit.
Et pourtant aucun signe annonciateur ne s’était révélé la veille ... il jouait encore le jour avant avec Dimihanna notre vieille frison.
Nous étions tous profondément tristes car Grispoils était vraiment la fierté de notre centre.
Arrivé dans un état épouvantable (maigre, malade) nous avons soigné notre Poipoil durant de nombreux mois et l’avons péniblement remis à flot...
Il était devenu superbe, sa santé s’était magnifiquement revigorée grâce aux soins persévérants du refuge et son grand amour pour lui...
Et puis, presque un an après l’avoir recueilli, il nous quitta ainsi... Tous les membres de l’équipe ont été effondrés et ont senti vraiment une partie de leur coeur arraché...
Merci à la famille Soetaert qui a financé le sauvetage de Grispoils et qui généreusement le parrainait.
Grispoils tu nous manques à tous !

