100 CHEVAUX SUR L'HERBE : Bien plus qu'un Refuge soignant 120 équidés 




PETITPOIS
ou le Grand Charme d’un Petit Poney
ANNIVERSAIRE  :   21/06/1987
ARRIVE(E) AU REFUGE  LE :  20/06/2002
SHETLAND   HONGRE  
DECEDE(E) LE 3/11/2008

Etant de passage à Bruxelles, le mercredi 19 juin 2003, je m’étais dit qu’il était peut-être bénéfique de faire un tour à 16h aux abattoirs d’Anderlecht où se déroule le marché aux chevaux.
Comme à chaque fois, un très grand nombre de chevaux, poneys, ânes y étaient réunis pour être présentés aux bouchers et grossistes en viande.  Tant de malheureux équidés, tous condamnés, dont les heures étaient comptées...

Ainsi un magnifique Percheron (cheval de trait à la robe gris blanc) ENORME  (je n’ai jamais vu un cheval enveloppant tant de muscles) il devait bien peser 1200 kg, il a été vendu à «Chevideco» le plus important grossiste de   viande chevaline en Belgique possédant son propre abattoir) pour 1800 euros.  Je n’ai jamais d’ailleurs entendu qu’un prix si élevé ait été payé pour  l’envoi d’un cheval à la boucherie).

Un autre marchand qui connaît mes actions de sauvetage m’apostropha pour un petit poney pie.  Ce dernier, très doux, âgé d’une quinzaine d’année avait les séquelles d’une fourbure chronique.
Ce poney de petite taille n’était déjà presque plus de ce monde.
Il sombrait définitivement dans la résignation à son sort.  Sa jolie petite tête lisse, ses yeux de velours exprimaient à la fois une grande tendresse et une criante détresse.

Il paraissait amolli, noyé.  Il est vrai qu’on l’apportait comme un merlan frit sur le plateau de l’enfer.  Aux bouchers à se servir !  Demain, son corps miniature, aligné à d’autre balancerait  accroché à une lourde chaîne.   Au bout de ce précipice douloureux , conscient de sa fin ce poney se laissait aller à la volonté des humains.
«Pour 150 euros: il est à toi !» me lança le marchand bien connu pour vendre depuis une trentaine d’années des équidés pour l’abattoir.... j’ai acheté l’infortuné pour 125 euros prix de sa valeur au crochet comme affectionnent de dire les marchands.   J’ai baptisé ce très gentil poney du nom sympathique de «Petit Pois»...
Il a vécu 6 ans au refuge.  C’était  le préféré d’ Annick ma compagne qui se dévoua pour lui avec une abnégation fort rare.  La fourbure  extrême de Petitpois nécessitait de nombreux soins et  Annick  bienveillante et exprimant toute sa douceur était toujours auprès de lui , lui infusant tout son amour et sa compassion, faisant tout pour agrémenter sa vie.
Lorsque Petitpois a fermé ses yeux pour toujours, toutes les larmes de Annick coulèrent et tous les membres de l’équipe, sans exception,  partagèrent ce deuil.