100 CHEVAUX SUR L'HERBE : Bien plus qu'un Refuge soignant 120 équidés 




MADEMOISELLE
LYS DES BOIS, PERCE NEIGE  3 petits chevaux 
et puis s'en vont...
ANNIVERSAIRE  :   28/02/1988
ARRIVE(E) AU REFUGE  LE :  26/11/2002
WELSH JUMENT  
DECEDE(E) LE 21/05/2010
On parle souvent que tout arrive lorsqu’il ne faut pas...  au mauvais moment, à l’instant où on est débordé par tant d’activités, de préoccupations ou de problèmes qu’on n’est même plus capable de voir la pointe du tunnel.
Alors que l’état défaillant de santé de mon père m’obligeait à aller chaque jour à Bruxelles, alors que nous venions d’accueillir 4 nouveaux équidés alors que mes journées étaient bien remplies : un pourvoyeur de chevaux de boucherie nous téléphona...  Il nous informa qu’il lui restait trois petits chevaux et que désirant rejoindre sa femme à la mer pour prendre ses congés de Noël, il n’avait guère envie de bloquer sa semaine pour conduire spécialement ses victimes à Anderlecht.
Surpris par cette nouvelle, à prime abord, je ne savais pas quoi dire.  Ecrasé par mille tracasseries j’étais vraiment débordé.  J’aurai pu certes répondre que ce n’était pas le moment et refuser mais je savais que nous représentions l’ultime chance, la dernière bouée de secours pour ces trois condamnés que rien, à part nous, pouvait encore sauver.  Cela nous le comprenions parfaitement.  Nous ne pouvions pas rester inertes devant ces trois malheureux dont le sort tournait au drame et dont le destin venait frapper à notre porte.  Je décidais donc de les accueillir mais devant le surcroît de travail je posais une seule condition : celle que le marchand transporte les animaux ici à Couvin moyennant bien sûr remboursement des frais.  Le marchand accepta.  
L’expression de misères et de déconvenues était si forte en voyant ces chevaux arriver à notre centre qu’un flot immense de tendresse nous a tous envahi.  En voyant l’état de leur pelage, leur maigreur, leur résignation, leurs faces flétries, on comprenait aisément qu’ils avaient été privés depuis longtemps de soins et que ces derniers devaient n’être que des souvenirs bien lointains...  
On remarquait ces regards extatiques dirigés sur nous par Perce-Neige, Lys des Bois et Mademoiselle, ces trois petits chevaux et sentions que pour eux un nouveau et beau départ se dessinait.
Plus on est malheureux, plus on a besoin de croire aux anges.  Pour eux, nous étions des caresses, de la gentillesse, des baisers qui s’abattaient subitement sur leur existence si sombre.  Tant désabusés par la méchanceté de certains humains, la vie enfin semble se profiler pour eux sous des couleurs chaudes et éclatantes.  Et cela, au sommet de leur malheur, réchauffa le coeur de nos nouveaux protégés...

Lys des bois était fort handicapé .  Il marchait de travers ou en oblique suite à la pression d’une vertèbre sur sa moelle épinière.
Il s’est endormi  pour toujours le 2 janvier 2006 à 21h.
Arrivé handicapé 3 ans auparavant, nous avons donné tout le meilleur pour ce poney qui n’aurait jamais trouvé ailleurs une place.   Depuis plusieurs mois son état s’affligeait et les dernières semaines, Lys avait beaucoup de peine à se relever.  Malgré tout , notre équipe s’attela à l’aider jusqu’à la dernière heure, où malgré tous nos efforts, Lys épuisé ne se relevait plus.
La tristesse dans l’âme , j’ai dû me résigner à le faire endormir car nous ne pouvions plus rien faire pour lui... c’était écrit qu’à ce moment-là c’était son heure de départ...   Au revoir Lys, tu étais dans mon coeur, je t’aimais beaucoup...
Perce Neige a vécu quatre années au refuge et Mademoiselle huit années...