100 CHEVAUX SUR L'HERBE : Bien plus qu'un Refuge soignant 120 équidés 




WILLEM
Ramené vivant de l'abattoir
ANNIVERSAIRE  :   1/01/1989
ARRIVE(E) AU REFUGE  LE :  2/04/2008
TROTTEUR  HONGRE  
DECEDE(E) LE 29/12/2016

Injuriés, molestés, malmenés par les marchands qui les conduisent pour les présenter aux bouchers : les chevaux aux Abattoirs d’Anderlecht tressaillent sous le choc de la lourde atmosphère d’enfer.
Comme toujours, notre équipe éprouve un élan si spontané vers ces infortunés prisonniers que notre désir demeure toujours d’en sauver....
Et ainsi, nous nous sommes rendus une nouvelle fois le mercredi 2 avril 2008 pour porter nos secours à deux condamnés du jour.
Comme à chaque fois, un grand nombre de chevaux appuyaient leurs têtes aux lourdes barrières de métal.  Certains traînaient leurs pieds pour y être attachés.  D’autres chassés des camions tombent se relèvent en panique, les yeux noyés par la peur.  
Au milieu de ce troupeau de condamnés, un cheval demeure silencieux, ne bougeant pas, comme si il voulait disparaître et échapper aux visages de haine et aux regards meurtriers autour de lui.  Cet attachant cheval était vaincu sur place par le monde de la viande.   Comme tous ses malchanceux congénères du jour, il n’était plus qu’un cadavre sur pieds dont on allait manger la chair et arracher la peau dans les prochains jours.
C’était vers lui que un couple de nos volontaires se portèrent d’instinct.
La femme posa son visage sur l’encolure et ce geste si doux apaisa cet équidé terrorisé d’être en ce lieu de cauchemar.  

Un immense attrait réciproque prit naissance... subitement entre eux et  ils sentirent  immédiatement que c’était lui le cheval qu’il fallait sortir ce jour-là.  Ils se découvraient une compréhension si chaude pour ce cheval que la femme se colla contre lui afin d’empêcher quiconque d’autre de l’acheter.  Pas question qu’il soit tué !  Un voile de mort enveloppe tellement l’ambiance régnante que ces 2 bénévoles mesuraient la fragilité de la chance de réussir à le racheter.  Mais heureusement l’achat put se conclure en notre faveur.  Au moment du paiement au rustre de marchand pour lequel seul l’argent compte, il fallait voir les yeux du couple qui étincelèrent d’un bonheur éclatant... et on avait l’impression de capter en même temps une sorte de regard de reconnaissance et de soulagement du cheval.  Willem (nom du cheval) était sauvé ! Il leva la tête avec grâce comme pour dire «Merci».
Après avoir végété dans la misère durant 19 ans, cet attachant cheval pourra enfin se barbouiller à volonté de sérénité et de joie à notre refuge.
Cette nouvelle naissance il la doit  grâce à 100 CHEVAUX SUR 
L’HERBE qui le soigne chaque jour et  aussi grâce à ce couple.
Cependant, à notre grande déception  ce dernier lui tourna le dos   une année après ce sauvetage sans plus jamais s’enquérir de ses nouvelles.... ainsi sont les humains avec leurs côtés nébuleux , vaporeux et désillusionnants !

Un autre grand veinard du jour est «Espoir» dont la bravoure et la gentillesse sont extraordinaires.
Afin d’extirper encore plus d’équidés aux assassinats des abattoirs, un palefrenier, son épouse et moi-même avons décidé par l’entremise de notre oeuvre de sauver des condamnés pour les replacer dans des foyers d’adoption.
Ainsi 100 CHEVAUX SUR L’HERBE multipliera ses secours providentiels pour plus de malchanceux équidés voués à la boucherie.
Saisie d’angoisse ,  l’épouse du palefrenier arpenta d’un pas vif les rangées du marché où étaient rassemblés les chevaux du jour.  Elle espérait y trouver très vite et surtout avant la main mise d’un boucher un équidé dont l’état permettait un placement en adoption.  Hélas, à mesure que les minutes passaient , elle vit beaucoup de chevaux cheminer devant les chevillards.  De bons poids de viande de boucherie qu’ils évaluaient et dépeçaient du regard et qui après un claquement de mains étaient très vite acquis par eux.  
Nous nous demandions si nous allions réussir à en sauver, tellement les ventes se concluèrent en toute hâte.  Il y avait ce jour-là moins de chevaux que d’habitude, les affaires entre bouchers et marchands se nouèrent dès lors plus rapidement.
Parmi un misérable groupe de chevaux agglutinés l’un à l’autre, nous avons vu un trotteur de 3 ans remuant de ses lèvres molles comme si il voulait nous raconter sa triste histoire...
Personne d’autre que nous en ce marché ne prenait en considération la détresse des chevaux et  ... la femme de notre palefrenier avait le feu d’amour dans ses prunelles pour ce cheval.   Nous avons donc décidé de l’acheter et l’avons payé 750 euros.
Tout danger était écarté pour Espoir.   Quel bouleversement pour ce cheval.  La mort était partout en ce lieu et grâce à 100 CHEVAUX SUR L’HERBE, il va pouvoir vivre, vivre malgré tout !  On aurait cru que le bonheur frappait pour la première fois à la porte de son existence...  Espoir est un cheval très amitieux qui par courtoisie est très respectueux de l’homme.
Au moment où nous embarquions Espoir dans notre van,  l’épouse de notre ouvrier avaient  les yeux humides d’émotion. 
Pour elle, cela avait toujours été un rêve de sauver un trotteur (qui sont souvent des chevaux martyrs)... et aujourd’hui grâce à notre passage sur ce marché, son beau rêve ainsi que celui d’Espoir (qui a regagné notre refuge quelques semaines après et dont nous avons renoncé définitivement le placement ) s’est concrétisé.