BEN HUR
Des muscles pour 1313 euros !
ANNIVERSAIRE  :  24/06/1992
ARRIVE AU REFUGE  LE : 24/06/2002
CHEVAL DE TRAIT BRABANC  HONGRE  
DECEDE(E) LE 10/09/2014
Après avoir chargé dans le van Belle Brune et Petitpois et en  quittant le marchand, j’avais le coeur très lourd.   Un magnifique cheval de trait brabançon au crin lavé, la queue hélas coupée trônait splendidement dans la prairie appartenant au maquignon.  Ce gros trait échouait là depuis une journée !
Brave hongre de 10 ans, 1m70 au garrot, il avait tiré des carrioles et chariots jusqu’au moment où son propriétaire décéda.  
La famille de ce dernier , encombré  par un tel animal, n’hésita pas à le céder au  maquignon.
Inutile d’expliquer que ce dernier voyant briller de gros bénéfices comptait vendre ce cheval éléphant pour les couteaux.  Cet amoncellement ambulant de muscles devait bien peser 800 kg : voilà une affaire bien fructueuse pour lui !
Bien entendu le prix de l’animal équivalait à la valeur de sa
 viande : soit 1313 euros !
Arrivé à la maison , j’ai immédiatement téléphoné à Nelly pour d’abord lui donner des nouvelles de Belle Brune et Vaiba qu’elle nous a permis de sauver.
Il me semblait nécessaire de parler à cette grande amie des équidés de ce cheval de trait et de son sort.
Nelly Gutkin dont le coeur est empli de tant d’amour et de douceur pour les équidés m’écouta très attentivement.  Un gouffre l’a toujours séparé des bouchers chevalins et maquignons.
Dominant toujours d’un regard sensible , émue, elle refusa qu’on expédie à la destruction le cheval de trait qu’elle a appelé «Ben-Hur» et finança son achat..

Ce dernier folâtre gaiement dans la petite praire où il mâchouille dans un océan de quiétude l’herbe tendre du domaine.   Très émotif, il est assez craintif et avec ses 800 kg, il faut bien entendu redoubler de vigilance lorsqu’on s’approche de lui.  Vous imaginez sa patte de diplodocus sur votre pied de fourmi !  Lorsqu’il marche, près de
 lui : on ressent fort la vibration du sol au moment où son pied frappe la terre.
Les premiers jours «Ben Hur» n’appréciait pas particulièrement qu’on s’intéresse à lui.  Il vous tournait son dos massif, vous présentant sa croupe pachydermique pour essayer de vous flanquer une tripotée à la crème «mamouth».
Mais encore une fois l’application patiente de la méthode Monty Roberts et de son langage «Equus» m’a permis de créer un lien particulier  entre cet «élephanthorse» et le moustique que je suis (à côté de lui).
Bien que rien n’est jamais acquis et que chaque jour est toujours susceptible d’être remis en cause à ce niveau, c’est avec bonheur que je constate aujourd’hui que je peux, à force de patience et de temps consacré, parvenir , suivant l’humeur et les dispositions de notre cheval titanic, suite à un échange subtil à le faire rejoindre près de moi en prairies, à le faire avancer et l’inviter à s’arrêter.
Lorsque je parviens à m’exprimer dans son vocabulaire , pas de problèmes «Ben Hur» comprend mon message d’entrer en amitié avec lui et c’est une montagne de tendresse et gentillesse.   Mais si par malheur, par contre je bégaye maladroitement dans son langage équin ou si je me suis mal exprimé : attention à moi ! : il y a presque une tonne qui va foncer droit sur ma misérable carcasse (rire).