100 CHEVAUX SUR L'HERBE : Bien plus qu'un Refuge soignant 120 équidés 




NOELLE
Déconvenues et disgrâce...

ANNIVERSAIRE  :   1/01/2004
ARRIVE(E) AU REFUGE  LE :  13/12/2010
WELSH  JUMENT
DECEDE(E) LE 20/07/2011

Depuis longtemps elle ne s’était attirée que des déconvenues et une disgrâce très marquée par la vie.
Elle, c’est une petite jument welsh d’une dizaine d’années sur qui décidément coulaient tous les malheurs.
Le vendredi avant notre fête de Noël, alors que nous étions en pleine préparation, nous avons été avertis de son sort.
Noëlle (nom que nous lui avons donnée) est une de ces juments qui, bien malgré elle,  a pris part à ce cauchemar terrible qu’endurent des juments utilisées pour le prélèvement de sang dans un centre en Hollande .  
Ainsi ces infortunées sont  vendues sans scrupules à ce laboratoire qui comme un génie malfaisant à l’esprit calculateur fait saillir  ses victimes.  Durant 4 longs mois est extirpé leur sang pour fabriquer une hormone favorisant la fécondité chez les ovins.
Après cette utilisation honteuse, en dépit de tout ce qu’elles ont donné et surtout après avoir été piquées  chaque jour pour remplir ces  maudites seringues de sang, ces malheureuses futures mamans sont entraînées sans embarras  vers la mort implacable dans les abattoirs car elles ne servent à plus rien d’autres… elles sont jetées ainsi au rebut malgré qu’elles portent en elles un petit…
Avec d’autres équidés, Noëlle faisait partie de la tournée  de ramassage d’un marchand de chevaux de boucherie .
Hélas, tremblant de mal, cette petite jument  boitait affreusement relevant  continuellement le pied postérieur droit n’arrivant qu’à le fixer péniblement sur la pince .   Le grasset  a quadruplé de volume,  la petite équidé  accablée par la douleur donne néanmoins l’élan nécessaire pour marcher.   Comme le dit  très bien la responsable d’un forum sur internet  :
…“chez les chevaux l’instinct c’est marche ou crève donc Noëlle est montée dans le camion en tombant à moitié” (j’ai veillé à ce que le chargement et le déchargement se fasse en douceur), je lui ai fait un box propre, paillé avec de l’eau et du foin et toute seule (luxe suprême chez le marchand). Elle attend un bébé MAIS elle va crever de douleur ... je ne peux qu’espérer que la fin arrive vite mais je ne peux m’empêcher d’imaginer le prochain chargement, déchargement, rechargement où je ne serai plus là pour la ‘protéger’... 

Nous connaissons hélas que trop bien le calvaire de ces équidés esclaves réunis et brutalement conduits vers l’abattoir.
Les marchands ne prennent aucun intérêt  à leurs victimes sauf celui de l’argent. Indifférents à leurs souffrances,  à leur état parfois effroyable, ces commerçants ne sont inspirés par aucune commisération.  Ils n’ont qu’un regard de dédain pour ces êtres qui ne sont que pour eux une vulgaire marchandise.
Si l’état de Noëlle lui enlevait de la valeur, le marchand ne renonçait pas  néanmoins à la destiner pour la boucherie où elle produira de l’argent.    
C’est la façon de procéder par tous les maquignons, tous sont uniquement guidés par l’appât du gain !
Rien n’allait être épargné pour Noëlle.   Imaginer cette jument  pleine dans cet état de dégradation  se tordant en proie à d’affreuses souffrances, forcée à monter dans un camion pour être déchargée sur un marché à bestiaux pour tomber après entre les mains des bouchers ! 
Cette situation  étreignante pesa lourd sur notre  conscience et nous atteignit à un tel point que nous nous sommes décidés d’agir et bien que notre refuge est au grand grand complet et ce qui n’arrange rien que nous étions à la veille de notre fête de Noël  événement très important pour notre refuge.
Même si tout porte à croire que la jument a un membre brisé dont les espoirs de guérison  ou de l’arracher à la douleur sont vains, nous estimions que nous ne pouvions abandonner Noëlle ainsi.   Nous devions faire l’impossible en sachant  au fond de notre cœur que si 
c’ était  véritablement impraticable de l’arracher à la souffrance, nous allions être forcés alors de l’endormir et ce malgré que cette possibilité nous aurait livrée à une  profonde tristesse .  Quelque part, malgré notre tentative de secours cela  aurait été un aveu d’échec  mais aussi une douce consolation d’avoir mis fin au calvaire terrible  d’une petite jument sur qui les humains n’ont jamais porté un regard d’amour et de gentillesse.
Nous n’avions pas le droit de  délaisser ainsi cette malchanceuse plaquée par la douleur et sans soutien devant cette injustice.
Combien de longs jours allait-elle encore rester prisonnière dans son cachot tout sombre, sans soin, plongée dans des maux insoutenables  en attendant le jour de son envoi à l’abattoir…
Nous avons immédiatement  pris contact avec le maquignon pour négocier le prix et avons conclu  l’achat de Noëlle.
Le lundi ,  nous nous sommes rendus à  Anvers  chez ce fournisseur de chevaux de boucherie  à 150 km  de notre refuge pour délivrer cette welsh.
Sur place, nous avons été immédiatement surpris car la jument se déplaçait déjà mieux que ce qui avait  été décrit.... elle posait le talon et ne marchait plus sur la pince.

Après 3 heures de route dont une où nous avons été bloqués durant 
1 heure dans un embouteillage,  arrivés au refuge notre vétérinaire  se consacra  tout entier pendant plus de trois quart d’heure à examiner notre nouvelle welsh.
Le verdict  :  au premier examen la jument n’ aurait  pas de fracture au niveau des membres  mais un déplacement de rotule probablement dû à un coup de congénère  avec rupture du ligament.  Elle peut néanmoins avoir une fissure de la rotule (seule une radio pouvait le confirmer). L’extension du membre à l’arrière est très  très douloureux.  
Nous avons fait venir un vétérinaire disposant spécialement du materiel de radiographie pour nous remplir de certitude. 
Noelle  n’a effectivement pas de fracture d’un membre mais une fracture de la hanche ce qui nécessite une immobilisation en box  très très longue.  Heureusement quelque part , la radio ne révèle la présence d’aucun embryon ce qui signifie que Noëlle n’a pas de bébé.
Rien ne justifie très heureusement  une euthanasie.... 
Comme tous les équidés qui ont connu  l’enfer chez un marchand,  Noëlle s’est jetée  sur le fourrage au refuge   tellement elle crevait de faim. 
Noëlle qui est maintenant libérée est dans son box au refuge  en toute sécurité, elle ne court plus aucun risque.  Aucun humain ne  pourra encore lui faire  du maL … elle  qui a dû tant supporter !
Toute l’équipe de 100 CHEVAUX SUR L HERBE s’attache désormais à lui donner le meilleur  et l’aide à surmonter le mal qui sera passagé dans sa longue existence qui lui reste encore à vivre ici  à notre domaine. ​​​​​​​
Noelle est l’exemple vivant de la triste fin réservée aux chevaux qui sortent du rang de ceux qui sont aimés et considérés par les hommes. 
Heureusement , à partir du jour de son sauvetage  Noelle va être vraiment aimée…

Enfin, le premier matin Annick  avec un sourire dans les yeux est venue me dire…. Tu sais, elle est très gentille cette petite jument …  je lui ai mis un nouveau licol et Noëlle a posé  délicatement  et doucement sa tête sur mon bras…. 
C’est sa façon à elle de nous remercier…
Merci à Madame BANTUELLE qui a pris spécialement en charge financièrement le sauvetage de NOELLE et merci  à plusieurs co-listiers d’un forum  sur internet pour leur geste de soutien pour Noëlle