100 CHEVAUX SUR L'HERBE : Bien plus qu'un Refuge soignant 120 équidés 




LE SOUFFLEUX 
Qui sinon nous ? Quand sinon maintenant ?

ANNIVERSAIRE  :  22/08/1993
ARRIVE(E) CHEZ UNE DE NOS VOLONTAIRES  :  16/07/2003
WELSH  HONGRE  
DECEDE(E) LE 31/07/2003


Une  tête émaciée par la difficulté de respirer, les orbites creuses, les flancs se creusant lourdement  à chaque mouvement de respiration, vieilli jusqu’à l’os par la maladie : voilà le triste portrait d’un cheval que nous avons trouvé au Marché aux Chevaux .
Un vieux petit alezan au regard éteint qui ne pouvait allonger un pied sans une grande aspiration d’air était attaché là pour être vendu aux bouchers.

Nous ne pouvions pas baisser les yeux et nous avons pris la décision d’enlever ce malheureux à son sort  en le rachetant 400 euros . Qui à part notre oeuvre pouvait prendre un tel cheval ?
Vu la gravité de son état, nous savions bien entendu que les chances de le sauver étaient hypothétiques mais portés par l’habitude et l’expérience : nous étions en droit d’espérer néanmoins lever peut-être le mal de cet infortuné. 
Pili prit chez elle «Le souffleux»

Lorsque le véto examina avec attention notre «souffleux» il constata à un endroit une énorme dilatation de l’oesophage.  Ce cheval avait été sondé plusieurs fois  (et probablement par des «brutes») et l’oesophage  touché a réagi en s’épaississant   coinçant  ainsi les voies respiratoires.  L’air avait du mal à passer au niveau de la gorge.  Cela a probablement été peu correctement ou pas soigné avec inévitablement en bout de course: une infection respiratoire chronique qu’on ne peut pas guérir mais soulager.

Si le cheval ne souffre pas trop, il faut absolument lui éviter tout stress et tout effort même le plus minime : il pourrait entrer dans une phase de détresse respiratoire aiguë et là il n’y a plus grand chose à faire.   Il pourrait tenir encore des semaines, des mois avec une vie digne de cheval... mais toujours accompagné d’un traitement de pénicilline (pour combattre l’infection) et traitement de cortisone à vie.

Pili administra donc tous les soins nécessaires et notre «Souffleux» savourait toute  la chaude sollicitude  que  son infirmière préférée lui prodiguait avec tendresse et amour.
«Le souffleux» mangeait de bon appétit et calé devant son mangeoire, il savourait sa pitance comme un mets de premier choix : il retrouvait ainsi le goût de vivre !
Mais le bonheur fut hélas de courte durée...  Après 2 semaines de dévouement,  alors que ce  très gentil cheval  était tranquillement en prairies -  subitement  :«Le souffleux» se mit à hoqueter  tout en se déséquilibrant..  Un clapotement horrible traversa sa gorge et s’échappa en un profond soupir.
Même si il fallait se rendre à l’évidence que à ce stade nous ne pouvions rien faire, Pili a appelé le vétérinaire mais le temps qu’elle raccroche le téléphone, notre malade était immobile, silencieux , le regard fixé.... il était mort., parti dans le voyage sans fin...

Tout était fini... nos  soins n’auront été hélas  que de légers éclairs de tendresse pour ce brave cheval qui avait tant souffert.

Pourquoi la vie se montre-t-elle si dure, si impitoyable pour certains animaux talonnés de la naissance à la mort par la misère et la souffrance ? C’est trop injuste !
Seule consolation, en voyant ce pauvre cheval allongé là,  mort, il semblait être délivré, serein, guéri, il semblait surtout qu’une autre histoire commençait pour lui..

Que cette renaissance soit pour lui la plus douce et une source constante de joie et  bonheur : voilà notre souhait le plus ardent.

Adieu «Souffleux» nous aurions tellement voulu te donner plus.