100 CHEVAUX SUR L'HERBE : Bien plus qu'un Refuge soignant 120 équidés 




VAIBA
ou tous les malheurs d’un petit cheval...

ANNIVERSAIRE  :  19/06/1984
ARRIVE(E) AU REFUGE  LE :  20/06/2002
WELSH  HONGRE  
DECEDE(E) LE 26/12/2002​​​​​​​

Au marché aux Chevaux d’Anderlecht, mes yeux se fixèrent sur une image terrible : celle d’un petit cheval arabe dans un état extrêmement pitoyable attaché aux barrières.  Le dos creusé au plus haut point (jamais je n’avais vu dans ma vie un équidé aussi ensellé), cachectique, (maigreur extrême) le pelage présentant de grosses boules de poils sales agglutinées l’une à l’autre.  Le marchand se préoccupant plus de son cornet de glace qu’il savourait que des malheureux animaux (6 chevaux qu’il étalait à la vente , voulant obtenir 300 euros pour cette épave vivante.  « C’est le prix pour tuer» affirme-t-il sans vergogne.
Planté péniblement sur ses pieds parés depuis longtemps, l’air affreusement misérable, la tête basse le corps squelettique, on avait l’impression qu’on avait constamment abattu sur le dos de l’animal des tonnes de béton provoquant inévitablement un affaissement de la colonne et du bas du dos, enfonçant spectaculairement les reins.  Le pelage, la crinière et la queue sales et négligés ravivaient encore plus notre désolation.
Quel diable l’avait poussé ainsi si loin ?  Impossible de trouver en ce jour de marché un cas aussi scandaleux !
Après avoir discuté longuement, j’ai réussi à avoir ce pauvre équidé pour 250 euros.  Je l’ai appelé «Vaïba» et c’est Nelly qui grâce à son intervention généreuse pris entièrement à charge l’achat de l’animal. ​​​​​​​
Ce dernier, selon l’examen de notre vétérinaire , aurait minimum 18 ans.  L’enfoncement flagrant de son dos est le témoignage marquant de la surexploitation de l’animal.
Très maigre,  sale, les pieds pas entretenus : il n’a indéniablement pas suscité beaucoup d’intérêts de la part de ses propriétaires.

Depuis son arrivée, au centre, soulevé par la volonté de sauver ce cheval , jour après jour, je l’entourais des soins les plus attentifs.  Hélas Vaiba trop fragile , rompu par sa dure existence ne sembla pas résister et son état déclina.

J’avais épuisé toutes les possibilités de soins envisageables et ce après toutes les analyses et investigations médicales.
L’avenir pour ce pauvre cheval s’est rétréci terriblement et malgré tout le mal qu’on s’était  donné , malgré les plus fortes espérances: la vie quitta Vaiba 6 mois après son arrivée au refuge...