COLORADO
Colorado,  Batida,   Tornade
Nous ne voulions pas qu’ils meurent ! 
ANNIVERSAIRE  :  15/06/1993
ARRIVE AU REFUGE  LE :  2/05/2009
CHEVAL DE SELLE  HONGRE  
DECEDE(E) LE 13/07/2017


On ne peut imaginer le nombre d’appels d’abandon d’équidés que nous recevons chaque semaine à notre association.
La plupart du temps , il s’agit de propriétaires qui ne veulent pas ou plus assumer la retraite de leurs vieux cheval, poney ou âne.
Etant donné que la place est hélas limitée et comptée au refuge, bien à contre coeur nous n’accédons pas à ces sollicitations de particuliers car nous estimons avant tout que les propriétaires doivent assumer leur cheval , poney, âne jusqu’au bout et pour notre part nous préférons toujours demeurer l’ultime chance providentielle pour des équidés regroupés par ceux qui vendent leur mort au plus offrant.
Pour la plupart de ces animaux travailleurs sont étreints par la fatigue et l’usure d’interminables journées ce qui explique à un moment leur mise à l’écart et leur réforme..  Notre rôle c’est d’être aussi à leurs côtés.  En général , les exploitants de centres équestres ont des coeurs de roc où s’émoussent toutes les pitiés.  Ils ne gardent pas leurs esclaves qui n’ont plus de vigueur ou de rendement et sans remords appellent le marchand pour l’abattoir (bien entendu, ils s’ingénient de camoufler cette situation honteuse en signalant que le cheval a été placée en prairies ou vendu à un particulier afin de ne pas déclencher une indignation des cavaliers ou pire leur désertion à leur centre équestre).
Et c’est ainsi qu’on nous demanda si nos ne pouvions pas accueillir Colorado (nom que nous lui avons donné).  Ce brave cheval de 15 ans à la robe isabelle ne posait en réalité aucun problème particulier si ce n’est que le manège situé à Aulnois qui l’hébergeait et l’exploitait mettait définitivement la clé sous le paillasson.  Le couple qui s’en occupait se séparait et ni l’un ni l’autre des conjoints n’avait la capacité financière de poursuivre l’activité.  Heureusement la gérante ne pouvait garder les yeux clos sur la destinée de ses équidés.  Pour elle, pas question que ses animaux partent à la boucherie bien que le mercredi suivant : le marchand venait..
Elle contacta l’ancien propriétaire de Colorado en espérant que celui-ci reprenne ce gentil cheval qui risquait étant donné son âge d’échouer à l’abattoir.
Hélas, alors que Colorado l’avait comblé longtemps de bienfaits dans sa vie, ce propriétaire oubliait qu’il était moralement tenu d’en répandre à son tour et sans le moindre regret se détourna du destin de son cheval et l’abandonna une seconde fois.
Cette attitude répétée était l’expression formelle de son indifférence  crapuleuse tuant en lui tout scrupule, toute morale.
A cause de cette attitude maudite Colorado courait le risque effectif d’aller à l’échafaud.  Il ne semblait plus avoir le droit d’une lumière d’espoir quelconque.
Outrée par la désinvolture scandaleuse et la rudesse de son cousin, Madame X... se décida de nous contacter pour plaider la cause de Colorado.  Elle ne pouvait , c’était compréhensible, accepter que son cousin débonnaire puisse si vite oublier ce cheval qui courrait à cause de lui un grand danger : celui de se retrouver face aux chevillards.
Nous ne pouvions que donner une réponse favorable.  Colorado a eu une vie difficile.  Il fallait conjurer son envoi à l’abattoir.  Combien nous aurions été peinés de le voir embarquer dans un de ces camions corbillards où les condamnés ne reviennent plus...  Il ne nous restait plus qu’à trouver une solution échappatoire : notre refuge étant comme bien souvent complet.  Heureusement en raison de son bon état physique et de son âge moyen, Colorado est un cheval «plaçable».  Nous pouvions le mettre à l’adoption, ainsi cela nous permettait de le sauver, Colorado n’était plus perdu et ne sera plus la proie des bouchers et tueurs d’abattoirs.
A quoi donc tient la vie ? A quelques jours près il croulait aux pieds de l’abatteur qui l’aurait égorgé.

En apprenant notre décision d’accueillir Colorado, la tenancière du centre équestre nous demanda si nous ne voulions pas offrir également nos secours pour deux autres poneys du manège.  Il s’agit de «Batida» et «Tornade», 2  poneys welsh également en danger d’être livrés à la mort étant donné qu’elles ne sont plus de première jeunesse.  La propriétaire s’engageait à nous les offrir si nous pouvions faire rempart à l’univers cruel du commerce de la viande.
Nous ne pouvions qu’accepter de prendre en charge supplémentaire ces deux poneys sans défense convoités sans notre intervention par la machine meurtrière des bouchers.
Batida est arrivée en même temps que Colorado au refuge en mai 2009.
Très vite, il se sont adaptés à notre domaine et  ils ont surtout compris qu’ici des humains donnent leur vie au service des chevaux alors que d’autres hommes voulaient les éliminer dans les abattoirs.  ici on leur apprend à vivre sereinement, en toute liberté comme les oiseaux qui volent, eux peuvent galoper à leur gré.  Ici on leur apprend qu’ils sont à l’abri, définitivement protégés et qu’ils ne jouent plus aucun autre rôle que celui d’être heureux.
Batida a très vite trouvé une famille d’accueil en Monsieur et Madame SERWY à Liège .  Colorado a été adopté mais est très vite revenu car son adoptante n’était pas capable de s’en occuper...